Archives de catégorie : Informatique

L’ouvrier travaille de nuit

Les accolades ouvertes comme du béton armé pas fini d’être coulé : l’armature est visible car le code est immature. Il reste du boulot mais les choses avancent ! L’architecte dans ma tête sourit en voyant son œuvre prendre forme : ce sera l’histoire de quelques jours encore, on y passera la nuit s’il le faut et d’ailleurs cette nuit sera blanche. Mon éditeur passe en night panel : « Birds of Paradise » comme l’appelle Coda2. VI, le VIeux de la VIeille, lui, connaît l’ouvrier de nuit, il sait la douleur de l’œil fatigué devant l’éblouissant écran blanc et ne laisse pas le choix : ce sera background noir ou foreground rien. VI est bon, il est valeureux, me fait penser à une hache en acier 440 de famille, du genre efficace et fidèle. Malheureusement, la compétition est rude face aux tronçonneuses modernes, et, dieu, ce qu’ils sont bons les IDE de nos jours… Coda2 débite, et bien. VI, tu serviras toujours en SSH !

Chiffrons nos mails !

Tout le monde sait que lorsque l’on envoie une lettre par la Poste, le courrier est scellé : l’enveloppe est la plupart du temps collée, de sorte à garantir l’intégrité de la lettre. On sait plusieurs choses en ouvrant une lettre : elle n’a ni été lue par quelqu’un d’autre, ni été modifiée (il n’y a eu ni altération du contenu, ni suppression, ni ajout).

En envoyant une carte postale, rien de ça n’est vérifié. Tout le monde ayant accès à la lettre est en mesure de la lire et de la modifier dans la mesure du possible. Si nous faisons confiance à la Poste, alors il n’y a pas de problème. En théorie, de son dépôt jusqu’à son arrivée dans votre boîte, à part le facteur, personne n’a eu accès à votre lettre. Sans rentrer dans des considérations légèrement parano (rien ne peut nous prouver que la lettre n’est pas sortie du circuit ou n’a pas été lue ou  modifiée), nous sommes tous d’accord pour dire qu’il y a des messages que l’on n’a pas forcément envie d’envoyer par carte postale. C’est le cas de certaines conversations privées ou données sensibles.

Personne ne songerait un seul instant à envoyer son numéro de carte bancaire ou même la cachette du double des clés par carte postale ! D’ailleurs, personne n’envoie de courrier intime par carte postale non plus. Encore moins des échanges professionnels (données d’entreprise, etc.). Et pourtant, ce sont des choses que l’on fait encore trop souvent sur internet sans se poser de question. Chaque mail non chiffré envoyé sur internet est comme une carte postale circulant dans les centres de la Poste. Continuer la lecture

Disposition de clavier du Desktop Manager et de X en général

L’autre jour je me suis confronté à une de ces bizarreries qui font le charme de la Slackware : la disposition de clavier (keyboard layout) sur X en général.

Je m’explique. Si vous avez déjà essayé de configurer Xorg sur une Slackware, vous saurez de quoi je parle : on a beau indiquer que l’on a un clavier AZERTY pendant l’installation de l’OS, dès que l’on lance X, on se retrouve en QWERTY. Alors qu’il n’y a aucun problème en mode console !

Dès lors, plusieurs solutions s’offrent à nous. La première à laquelle on pense si l’on a pas encore l’habitude de tous les fichiers de configuration, c’est d’utiliser l’interface graphique. Il faut donc se connecter à notre session sur X puis ouvrir l’utilitaire de configuration en question. Sauf que voilà, vous avez probablement déjà modifié votre inittab de sorte à ce que X se lance au démarrage. Ce qui implique taper son mot de passe en QWERTY depuis notre Desktop Manager (DM, par défaut sur la Slack c’est KDM), afin de pouvoir accéder à sa session KDE qui est désormais configurée pour l’AZERTY.

Voilà pour la première solution. Vous aurez compris que ce n’est pas la meilleure… Sur le net, j’ai mis un peu de temps à tomber sur la bonne. Sur les forums, pas mal de gens conseillent de modifier des fichiers un peu obscurs ou je sais pas quel bricolage.

En fait, la solution est la suivante : il faut créer le fichier 10-layout-keyboards.conf dans le dossier /etc/X11/xorg.conf.d

Voilà la configuration d’un clavier de PC français :
Section "InputClass"
Identifier "system-keyboard"
MatchIsKeyboard "on"
Option "XkbLayout" "fr"
Option "XkbVariant" ""
Option "XkbOptions" "terminate:ctrl_alt_bksp"
EndSection

Et voilà ! Maintenant, y a plus qu’à enregistrer le fichier et redémarrer X pour que le système soit enfin totalement AZERTY-friendly et que vous puissiez enfin taper votre mot de passe tranquillement sur votre DM.

Mise-en-veille à la fermeture de l’écran

Aujourd’hui je me suis penché sur un petit manque de la Slackware sur les PC portables : la mise-en-veille automatique lors de la fermeture de l’écran. Ce mode, appelé suspend-to-ram en Anglais, permet au PC de limiter la consommation en coupant l’alimentation du disque dur tout en gardant la RAM alimentée (sans ça elle serait effacée) afin de ne pas trop ralentir le réveil de la machine (effectivement, cela évite de devoir passer la RAM sur le DD pour ensuite la repasser sur la RAM au réveil).

Pour corriger le problème, les étapes sont simples et ont été décrites par le blog Karellen’Unix Blog. Elles consistent à récupérer les événements ACPI (autrement dit les interactions avec le matériel) pour diriger le système vers le bon mode.

Commençons par faire la sauvegarde du fichier original :
cp /etc/acpi/acpi_handler.sh /etc/acpi/acpi_handler.sh.orig

Éditons maintenant ce fichier avec notre éditeur de texte préféré :
vim /etc/acpi/acpi_handler.sh

Vous y trouverez normalement les lignes suivantes au milieu du fichier :
case "$2" in
power) /sbin/init 0
;;
*) logger "ACPI action $2 is not defined"
;;

etc.

Il nous suffit alors d’ajouter le morceau qui nous intéresse, c’est-à-dire l’événement « lid » (qui correspond au bloc écran), qui va diriger le système vers l’action « echo mem » (correspondant à l’état de veille suspend-to-RAM). Voilà le code dont nous avons besoin :
lid) /bin/echo mem > /sys/power/state
;;

Au final, nous nous retrouvons avec les lignes suivantes dans notre code :
case "$2" in
power) /sbin/init 0
;;
lid) /bin/echo mem > /sys/power/state
;;
*) logger "ACPI action $2 is not defined"
;;

Voilà ! Même pas besoin de redémarrer quoi que ce soit, il suffit d’enregistrer le fichier.