Non à la loi sur le renseignement

Article publié initialement sur le blog de Hackstub.

Le vote de la loi sur le renseignement à l’Assemblée Nationale aura lieu le 5 mai prochain. Hackstub s’oppose fermement à cette loi qui remet en question par de nombreuses mesures un certain nombre de nos libertés fondamentales.

Une bonne partie d’entre nous, citoyens, est habituée depuis un certain temps à l’absence quasi-totale de vie privée (et depuis E. Snowden, à la surveillance généralisée, cf. PRISM) et a donc du mal à se sentir concernée par ces questions, à saisir l’importance de ces enjeux. Les réseaux sociaux et les services intrusifs et opaques, la vidéo-surveillance presque omniprésente, ainsi que d’autres pratiques tendent à approfondir la banalisation de la surveillance, si bien que cette pratique paraît de moins en moins préoccupante à l’égard d’une majorité de la population, qui se réfugie souvent derrière le sempiternel et péremptoire argument du « je n’ai rien à me reprocher et donc rien à cacher » (à ce propos, voir la conférence de LDN sur le sujet, avec Firefox).

Toutes nos données privées sont sensibles et méritent confidence. Cependant, certains usages de l’informatique dans notre quotidien nous amènent à négliger, par solution de facilité, une partie de plus en plus importante de notre vie privée. Si ces questions sont facilement compréhensibles quand il s’agit du monde « réel », ce n’est pas toujours le cas lorsqu’il s’agit du « virtuel ». Le verre dépoli de la fenêtre de notre salle de bain, l’enveloppe de nos courriers, c’est une évidence. Pourquoi ne serait-ce pas aussi le cas sur internet ? Les outils existent pourtant et jusque là, la loi ne leur fait pas obstacle. Dans quelques jours, cela pourrait appartenir au passé.

Le prétendu combat contre le terrorisme est un faux débat : la surveillance doit rester exceptionnelle et les juges sont là pour s’assurer du bien-fondé de ces mesures. La séparation des pouvoirs est un principe fondamental de notre République et de l’idéal démocratique : une justice indépendante du pouvoir a toujours eu ce rôle de s’assurer que le pouvoir exécutif ne sorte pas du sien. Et l’Histoire, même récente, a prouvé la nécessité impérieuse d’un tel système : il est quasiment acquis que nos dirigeants ne sont pas toujours bien intentionnés. Supposons que le gouvernement actuel le soit, peut-on démontrer que nos prochains élus le seront ? La proposition de loi sur le renseignement est donc un véritable danger pour l’État de droit.

Comment rester en sa faveur alors même que tous les magistrats, professionnels du secteurs et journalistes s’y opposent ? Notre position est loin d’être extrémiste, bien que radicale. Cet article ne tend pas à l’exhaustivité des arguments : il existe de nombreuses références bien plus précises que ce billet et en voilà donc quelques unes, afin d’aller plus loin sur le sujet.

– sous-surveillance.fr : le site de la Quadrature du Net contre la loi sur le renseignement ;

Non à la loi renseignement

– Numérama : le vrai/faux du vrai/faux du gouvernement ;

– Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) : avis sur le projet de loi relatif au renseignement ;

– Arrêt sur Images (lien payant) : pourquoi le projet sur le renseignement peut créer une « surveillance de masse » ;

– Médiapart (lien payant) : Renseignement: vu d’Allemagne, le texte français est «inimaginable» ;

– voir aussi le mouvement « ni pigeons ni espions »  ;

et bien d’autres à retrouver grâce à votre moteur de recherche préféré.

P. S. : au-delà des paroles, nous souhaitons agir et nous travaillons sur des projets qui nous permettront d’aller dans ce sens. Nous vous en parlerons plus en détail quand le projet aura plus avancé mais nous travaillons actuellement sur Arbore, un logiciel libre de partage de fichiers usant du chiffrement pour s’échanger en toute confidentialité photos, vidéos, et tout ce que vous voudrez.

Le mentaliste

Grand dadet à la tessiture basse de pompier fumeur, Gibé a passé un petit moment avec mon micro et moi à l’occasion de son passage à Strasbourg. C’était pendant Paye Ton Noël, le festival de Pelpass, où il a représenté deux de ses spectacles : Mago Mentalista et TV(i)Monde. Et quand on découvre la portée politique de son théâtre de rue, le stéréotype du mentaliste s’éloigne bien vite…
Voilà quelques extraits montés et la version complète pour les guedins.

Missa super l’Homme armé

Missa super l’Homme armé de Francisco Filidei a été jouée à la aula du Palais U de Strasbourg en octobre 2014 à l’occasion du festival Musica. Cette pièce, alternant messe baroque et performance contemporaine à base d’armes à feu et percussions pas banales, était interprétée par les cris de Paris, que nous avons rencontrés à la sortie du concert.

Rooms : la nouvelle app de Facebook soupçonnée de plagiat

Vous en avez probablement entendu parler, Facebook a publié hier sa nouvelle application Rooms sur l’App Store aux États-Unis et en Angleterre. À fond dans la tendance actuelle vers plus de vie privée, cette app propose paradoxalement de s’affranchir de Facebook pour communiquer à plusieurs : après avoir choisi un pseudo, l’utilisateur peut rejoindre ou créer une « Room », ouverte ou fermée, et discuter avec les autres membres de ce salon. Le principe rappellera aux nerds et aux vieux de la vieille IRC, qui offrait des fonctionnalités similaires. Sauf qu’IRC n’est pas le seul antécédent à Rooms. Et un autre, bien plus récent cette fois, risque d’être autrement plus gênant. Cette application, c’est Room (au singulier, nuance !), lancée il y a à peine plus d’un mois par une équipe de deux développeurs parisiens et new-yorkais. Et le moins qu’on puisse dire est que la comparaison est troublante. Mais quand le fondateur de cette start-up me raconte au téléphone l’histoire de cette dernière, l’impression de plagiat paraît encore plus justifiée…

Room est d’abord l’idée de Frank-David Cohen et part d’un constat simple : les réseaux sociaux ont bouleversé nos vies par leur simplicité et leur confort d’utilisation, mais ne respectent que peu notre vie privée. Or, si nous voulons (presque) tous s’échanger des photos de nos vacances ou de nos soirées, des mots et des infos, c’est rarement à toutes nos connaissances. Encore moins que ces choses trainent en clair sur le serveur d’une entreprise qui se fait des millions sur notre dos. Ainsi, Frank-David Cohen commence le développement de son application en février 2014 et démarche les premiers investisseurs au mois de mars. Rapidement, son ami Damien Rottemberg rejoint l’équipe. À cette époque, le projet est confidentiel et seuls les investisseurs sont au courant. Six mois plus tard, le 18 septembre, Room apparaît sur la boutique d’application d’Apple. Dès lors, l’information circule dans le cercle d’amis des deux développeurs qui compte notamment plusieurs acteurs du web, dont certains employés chez Facebook.

Afin d’éviter un lancement ingérable du service, peu de communication est faite et l’application ne connaît pas de reprise médiatique. Moins d’un mois plus tard, le NY Times et d’autres médias relayent la rumeur selon laquelle Facebook préparerait une application axée sur la confidentialité et c’est finalement le 23 octobre que Rooms est présentée par Facebook et publiée sur l’App Store. Malgré le peu d’écho médiatique de Room, il paraît, selon Frank-David Cohen, « impensable que Facebook n’ait pas entendu parler de Room […]. Ils se sont forcément renseignés sur ce qu’il se faisait dans ce genre d’applications […]. Je ne crois pas aux coïncidences, et qu’une application avec les mêmes fonctionnalités et le même nom soit créée ne peut pas en être une ».

Quant au combat juridique qui devrait s’en suivre, même si la marque est déposée et la description des deux applications similaire,  Cohen ne manque pas d’appuyer sur l’asymétrie entre sa toute petite entreprise et l’armée de juristes de Mark Zuckerberg. Sans hésitation, il compte bien poursuivre Facebook, mais s’il refuse a priori la possibilité que le réseau social signe un chèque pour clore le dossier (pour une acquisition ou une compensation), il accepterait néanmoins que Facebook change le nom de son application et que la concurrence se fasse à la loyale.

Aux dernières nouvelles, datant d’avant le lancement de Rooms par le géant américain, le nouveau-né des réseaux sociaux comptait 1300 inscrits. Or, avec ses 1,3 milliards d’utilisateurs, il ne fait nul doute que le service de Facebook parte avec une certaine longueur d’avance. Néanmoins, Cohen rappelle l’un de atouts de son service : son modèle économique, qui restera jalousement caché de Facebook. La seule information divulguée est qu’il « ne sera jamais question de vendre les données des utilisateurs à quiconque ». Et c’est peut-être la que Room peut encore tirer son épingle du jeu : alors que la multinationale est entachée par de nombreuses affaires concernant les données personnelles, la jeune start-up part immaculée et rien ne permet encore de contredire sa bonne volonté.

Pour information, j’ai également contacté le service presse de Facebook, qui n’a pas encore donné de réponse à ma demande d’interview.

Soutenez L’Élan !

Depuis quelques semaines, le tournage de L’Élan a commencé. Réalisé par Étienne Labroue, l’un des réalisateurs des Guignols, cette comédie à part promet de belles choses. Une équipe géniale, un casting délirant (Bernard Montiel dans son propre rôle, François Morel en garagiste, aux côtés de la famille Petiot : Aurélia Petit, Olivier Broche et Délia Espinat Dief).

Mais comme ce film est fauché, une campagne sur KissKissBankBank a été lancée, avec l’objectif de récolter au moins 40 000 €, qui serviront à joindre les deux bouts et assurer à la bobine une post-prod à la hauteur ! J’arrive un peu en retard et la collecte arrive presque à son terme et il ne reste plus que deux jours pour y participer. Ils en sont pour le moment à 79 % donc il reste encore du boulot, alors, un seul mot d’ordre : soutenez L’Élan !